JOUPCHA 20 - 01.03.2013

Par votre pharmacien
JOUPCHA 20  - 01.03.2013

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Mars 2013 n°20 Principale Source : Prescrire (revue formation Médecins-Pharmaciens, indépendante des lobbies industriels)°

1/ Nouvel arrivé : Arnaud, préparateur diplômé d'Etat, nous rejoint pour renforcer l'équipe.

2/ Ecolo attitude : améliorer la qualité de vie et défendre notre environnement, ça se cultive, à l'échelle de chacun.

E/ Economisez l'eau : a/ à la maison, prenez une douche plutôt qu'un bain qui nécessite 5 fois plus d'eau.

b/ ne laissez pas le robinet ouvert en vous brossant les dents ou quand vous vous savonnez : pour 3 minutes de robinet ouvert, 18 litres d'eau sont consommés.

c/ au jardin, réduire l'arrosage préserve les nappes souterraines. Arrosez le soir, Récupérez l'eau de pluie (moins chlorée) en plaçant un arrosoir sous la gouttière. Investissez dans un kit de goutte-à-goutte. Binez (1 binage = 2 arrosages), recouvrez de paille ou paillettes de lin, pieds de tomates, de rosiers... pour limiter l'évaporation de l'eau.

F/ Privilégiez le bois labellisé FSC (Forest Stewardship Council) pour vos chaises longues et vos meubles de jardin: il certifie la traçabilité des produits. Ou alors choisissez du bois local (châtaignier, mélèze, aulne ou pin sylvestre). La France est le premier pays européen importateur de bois africains dont la moitié provient de coupes illégales. Evitez d'acheter teck, ébène, iroko, ipé, wengé.

G/ Oubliez la climatisation : si agréable soit-elle, la climatisation contribue à augmenter la consommation d'électricité nécessitant la mise en route de centrales thermiques fortement émettrices de gaz à effet de serre. Alors,

a/ fermez volets et fenêtres durant les heures chaudes. Posez stores, doubles vitrages ou films solaires sur les vitres.

b/ stimulez l'évaporation de l'eau et rafraichissez ainsi l'air, grâce à un ventilateur ou bien en créant un courant d'air à travers un linge humide.

c/ limitez les apports de chaleur en utilisant des appareils électriques économes et des ampoules basse consommation.

d/ isolez vos murs et plafonds, végétalisez les murs et les abords de la maison.

3/ Prévention des chutes chez les personnes âgées : Les accidents de la vie courante sont la 1ère cause de mortalité accidentelle des personnes de plus de 65 ans. 80 % des accidents sont des chutes entraînant 8500 décès par an (soit presque autant que les accidents de la route). La majorité de ces chutes ont lieu au domicile, dans des endroits pourtant familiers tels que la chambre, la salle de bains, les escaliers, les couloirs et les jardins. Les chutes sont dues :

a/ au vieillissement : troubles de la vue (avoir un éclairage puissant en plusieurs endroits), instabilité en marchant, perte d'équilibre, baisse d'attention, faiblesse musculaire...

b/ aux maladies : maladies cardiaques, neurologiques, ostéoporose (os moins solide)...

c/ aux médicaments : antimigraineux, antidépresseurs, sédatifs, somnifères, anti-hypertenseurs... Il ne faut pas se lever trop vite par exemple.

d/ à l'environnement : 

d1/ sol peu adapté : on s'accroche le pied à une dalle qui dépasse ; on bascule sur le côté sur un sol pas droit...

d2/ escalier difficile : pas assez large, marches trop petites. On court pour décrocher le téléphone ou la nuit pour aller au W-C pour une envie pressante.

d3/ manque d'espace.

d4/ mauvais éclairage : on se prend dans le tapis ou dans un fil électrique la nuit pour aller au W-C.

d5/ obstacles sur les passages : on est ralenti pour aller au W-C et on tombe un peu plus loin en glissant...

e/ à des facteurs fragilisants : choc psychologique, agression, décès d'un ami, isolement social... entraînant dépression. En cas de chute, la réception se fait moins bien.

Il convient donc de faire un diagnostic complet de toute la maison, ce que nous pouvons faire à la pharmacie. Nous pouvons vous fournir le matériel de très haute qualité.

4/ Médicaments et animaux : attention aux mauvaises surprises. (Source Dr Hatcher, vétérinaire)

a/ les animaux et les humains ne sont pas toujours comparables : un médicament peut soulager vos douleurs mais peut être fatal pour votre chien ou chat. Chez le chien, les AINS provoquent très facilement des ulcères gastriques. Chez le chat, très peu de molécules ont une AMM (=Autorisation de Mise sur le Marché) pour le chat. D'où l'importance en cas de douleur, de donner une spécialité ayant une AMM pour l'espèce concernée.

b/ les vétérinaires ont parfois besoin de doses plus élevées chez l'animal que chez l'Homme (oedème du poumon...)

c/ attention aux lotions et autres pommades : les animaux de petite taille (chiots, chatons, chihuahuas, yorkshires, spitz nains...) ont une grande surface corporelle par rapport à la taille. La toxicité est donc très augmentée.

c1/ Il faut éviter l'application de produits sans rinçage, tels que les organophosphorés ou -chlorés, les carbamates (traitements insecticides).

c2/ Les perméthrines sont toxiques chez le chat.

c3/ Chez le chien, les corticoïdes sont dangereux (risque de syndromes de Cushing, même avec un collyre; et à l'arrêt du traitement, effet inverse jusqu'au coma).

d/ sur un petit animal, couper l'extrémité du collier antiparasitaire : trop long, la dose devient trop forte et est toxique.

5/ Dangers de sniffer (reniffler) des solvants : (source: Prescrire n204)

a/ Cette toxicomanie ne concerne pas que la colle mais beaucoup de produits qui contiennent des solvants. L'action par voie pulmonaire est très rapide, avec euphorie, excitation, désinhibition, hallucination. Puis l'éloquence devient lente, la démarche chancelante puis une somnolence apparaît.

b/ L'intoxication par inhalation de solvants peut débuter dès l'âge de 6 ans, mais elle est surtout observée vers 14-15 ans; elle est plus rare chez l'adulte. Aux USA, 5 à 10% des élèves de 10 à 12 ans interrogés en 1993 reconnaissaient avoir inhalé des solvants durant l'année. En France, 1 à 6% des adolescents ont déclaré avoir inhalé des solvants en 1997 et 98. Dans une enquête à Toulouse et à Nancy en 1998, 12,6% des adolescents reconnaissaient avoir inhalé au moins une fois des solvants. Ces chiffres sont sûrement inférieurs à la réalité (en effet, les auteurs d'actes répréhensibles ont tendance à nier même lors de questionnaires anonymes).

c/ En cas de consommation régulière, une dépendance a été décrite, et un syndrome de sevrage a été observé lors d'arrêt brutal. Ce syndrome de sevrage peut durer 2 à 5 jours, associant irritabilité, troubles du sommeil, tremblements, nausées, douleurs abdominales et thoraciques.

d/ L'inhalation répétée de solvants conduit à une importante dégradation neurologique, souvent irréversible (les solvants se fixent directement sur les lipides du tissu nerveux) : selon les solvants, on observe des démences, des syndromes cérébelleux, des déficits visuels ou auditifs, des neuropathies périphériques... Il existe un risque de mort subite par arythmie cardiaque, dès la première inhalation. D'autres décès sont observés par suffocation, incendie par inflammation du solvant, comportements à risques (sauts, noyades...). D'autres complications existent au foie et aux reins.

e/ Le diagnostic est facilité par l'odeur du solvant qui persiste plusieurs heures dans l'haleine et par des éruptions péri-orales par dessèchement cutané dû aux solvants puis par surinfection.

f/ La prévention passe surtout par l'information sur les dangers de l'inhalation des solvants auprès des enfants, des adolescents, de leurs parents, des enseignants et des vendeurs de substances volatiles.

6/ Plante et toxicité : il est important de connaître le nom latin mais aussi la partie de plante utilisée. Par exemple, les tubercules (épluchés) de pomme de terre sont constitués d'amidon comestible, alors que les feuilles et les fruits sont toxiques. Il en est de même pour un certain nombre de plantes utilisées comme plantes médicinales.

7/ Déconditionner les médicaments : la solution ? (source : Prescrire 272 Annie Meyssonnier, anesthésiste-réanimateur)

Régulièrement on nous présente le déconditionnement à la pharmacie comme la solution pour faire des économies. Ce déconditionnement existe déjà lorsque vous devenez résidant dans certaines maisons de retraite (si vous avez un membre de votre famille en maison de retraite, informez-vous de la procédure concernant la distribution des médicaments) ou à l'hôpital. Ainsi à l'hôpital, on vide les boites à cause du problème de place, de locaux exigus, des armoires et tiroirs inadaptés à la taille ou à la quantité stockée. Le rangement et la distribution des doses ne sont pas toujours fait par des personnes compétentes en pharmacologie.

Voici les risques à considérer (nombreuses hospitalisations par intoxication, ce qui coûte très cher d'un point de vue affectif et financier ) :

a/ dates de péremption difficiles à surveiller (puisqu'il n'y a plus la grande boîte en carton).

b/ absence de notice.

c/ rangement de produits injectables et non injectables dans le même placard par facilité (taille...) et donc illogique (risque de confusion et d'injection d'un produit non injectable).

d/ découpage des plaquettes de comprimés : les nom et dosage ne sont plus lisibles; le malade peut avaler le comprimé avec l'emballage (ne riez pas, ça arrive).

e/ ampoules de même forme, même couleur, écriture illisible (atropine, adrénaline...), mélange de produits différents dans le même tiroir, séparation de la poudre et de son solvant, ampoules qui "sautent" d'une alvéole à l'autre.

f/ erreur d'identification quand on n'utilise pas exclusivement la dénomination commune internationale (DCI).

g/ ampoules d'aspect identique pour des concentrations différentes du même produit (ex : kétamine enfant et adulte; dosage différent d'un même produit selon la taille de l'ampoule).

h/ confusion entre dose totale et dose / ml. Etc...

Nombreuses sont les sources d'erreur : prescriptions illisibles, incomplètes, dosages imprécis, mal maîtrisés, méconnaissance des soignants occasionnels (élèves, stagiaires,...).

La prévention ne concerne pas uniquement la présentation du conditionnement par les fabricants.

Alors croyez-vous toujours qu'on diminuera ainsi le déficit de la sécu ? On augmentera les hospitalisations !

8/ Calendrier des consultations : Jusqu'à 45 ans, tous les 5 ans (tous les 3 ans en l'absence de contrôle à l'école ou au travail). À partir de 45-50 ans, tous les 2 ou 3 ans. Après 65 ans, au moins tous les 2 ans. Les personnes atteintes de maladies oculaires doivent consulter plus régulièrement leur ophtalmologiste.

9/ Pour rire : L'aide-comptable a demandé audience à son patron. - Voilà, dit-il. Sachez bien que ça ne vient pas de moi; c'est ma femme... Elle a exigé que je vienne vous demander une augmentation... - Très bien, répond le patron. Je vais demander à la mienne si on peut vous l'accorder.